Parmi les 15 jeunes chercheuses du monde primées à l’Unesco, la Marocaine Rhimou Bouhlal veut inclure des algues dans des antibiotiques. Elle va rejoindre l’université de Bretagne Sud à Vannes.
« Rhimou Bouhlal. » L’accent de la maîtresse de cérémonie est fortement teinté anglo-saxon. La jeune femme qui avance sur l’estrade de la salle IV de l’Unesco est marocaine. En septembre, elle rejoindra l’Université de Bretagne Sud (UBS), à Vannes, pour poursuivre, durant deux ans, ses recherches de doctorat en biologie marine au Laboratoire de Biotechnologie et Chimie Marines (LBCM). Seule parmi les quinze jeunes chercheuses honorées, hier, à intégrer une université française.
« Il faut toujours se battre »
À 28 ans, la « petite dernière » d’une fratrie de six bénéficie d’une bourse pour « tester des extraits d’algue sur des bactéries, des virus et des champignons ». Depuis deux ans, avec un professeur marocain et pas toujours suffisamment de matériels adéquats, elle travaille sur les algues « atlantico-méditerranéennes » de son pays. À Vannes, Rhimou Bouhlal découvrira celles du Golfe du Morbihan. Et des conditions de travail différentes. « Pour continuer mon projet, c’était indispensable. »
Indispensable mais pas gagné. « Au Maroc, beaucoup de femmes ne peuvent pas continuer leurs études. Certaines arrêtent après leur licence, par manque de moyens. » Pour Rhimou Bouhlal, c’était clair : « Il me fallait une bourse. » Elle a frappé à plusieurs portes. Seules, celles de l’Unesco et de l’Oréal se sont ouvertes. « Il faut toujours se battre. » Et chercher des laboratoires étrangers intéressés. « Celui de Vannes est spécialisé dans mon domaine. »
Aujourd’hui, cinq autres prix vont être attribués à des chercheuses confirmées. Parmi elles, une professeure de chimie qui a réalisé le premier inventaire complet des plantes aromatiques et médicinales de deux îles de l’océan Indien. Son idée : « Réconcilier la culture et le soin. » Rhimou Bouhlal en rêve aussi.